MGM ouvre à son tour à Macao, la nouvelle capitale mondiale du jeu

Le MGM Grand de Macau, le 13 décembre 2007
© AFP/Archives - Mike Clarke
Après
les groupes Sands et Wynn, MGM Mirage a été mardi
le dernier géant des jeux à ouvrir un
méga-casino à Macao, l'ex-colonie portugaise
devenue en moins de dix ans la capitale mondiale du jeu
après avoir détrôné Las Vegas.
Avec 600 chambres sur 35 étages, 385 tables de jeu, 890
bandits manchots et un centre de convention abrités par
une verrière de 25 m de haut inspirée de celle de
la gare de Lisbonne, en hommage à l'héritage
portugais, le MGM Grand Macau, qui a coûté 1,25
milliard de dollars américains (866 millions d'euros)
consacre la suprématie de Macao.
Depuis la libéralisation des casinos en 2001 et la fin
du monopole que détenait jusqu'alors le Macanais
Stanley Ho, cinq nouvelles concessions ont été
accordées, désormais toutes exploitées.
Et comme le monde des jeux est petit, c'est la propre fille
de M. Ho, Pansy, qui détient 50% du MGM Grand Macau.
"Macau est devenu le premier marché du jeu au monde.
Les autorités ont la volonté d'en faire une
destination touristique internationale", explique Bob
Moon, PDG de MGM Mirage International, qui inaugure à
l'occasion son premier casino en dehors des Etats-Unis.
Seule ville chinoise où les casinos sont autorisés,
Macau qui ne compte que 530.000 habitants, a accueilli 22
millions de visiteurs en 2006, dont 60% de Chinois, et
devrait en recevoir 26 millions cette année.
Sur les neuf premiers mois de 2007, Macao a engrangé 7,5
milliards de dollars de recettes, soit déjà plus
que les 7,3 milliards encaissés sur l'ensemble de
l'année 2006, qui lui avaient permis de dépasser
largement Las Vegas et ses 6,6 milliards de recettes.

Le PDG de MGM Mirage, Terry Lanni, le 17 décembre 2007 dans les locaux du tout nouveau MGM Grand de Macao
© AFP - Mike Clarke
Mais
l'afflux de touristes n'aurait pas été aussi
important si Macao n'avait pas entamé sa propre
révolution. Rétrocédée à la Chine
en 1999, l'ancienne colonie portugaise a aboli deux ans plus
tard le monopole des casinos accordé en 1962 au
milliardaire Stanley Ho.
Cette mesure a déclenché une ruée vers l'or
des grands noms de Las Vegas.
Sands a été la première compagnie
étrangère à ouvrir un établissement en
2004 avant d'inaugurer en août le "Venetian",
plus grand complexe de jeux au monde dans lequel elle a
investi quelque 2,4 milliards de dollars.
L'investisseur américain Steve Wynn a lui ouvert en 2006
le "Wynn Macau", intégrant un casino et un
hôtel de 600 chambres, suivi de l'Australien James
Packer, associé dans le "Crown Macau" à
Lawrence Ho, fils de Stanley Ho.
Les deux autres licences sont détenues par ce dernier et
par le groupe hongkongais Galaxy.
Débarrassé de son image "d'enfer du jeu",
Macau entré dans l'ère du luxe et de la
démesure, est comme la plupart des villes voisines
chinoises engagée dans un énorme chantier urbain.
Une véritable ville est en cours de construction sur un
terrain gagné sur la mer et baptisé "Cotai".
MGM de son côté voit plus loin. "Nous allons
nous concentrer sur l'Asie. Nous voulons développer
notre marque dans d'autres zones de la région",
assure son PDG.
