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Une architecture "à deux visages" pour le prix de l'Equerre d'argent

© 2007 AFP - samedi 15 décembre

Les deux architectes Nathalie Franck et Yves Ballot, font visiter le groupe scolaire Nuyens, le 14 décembre 2007 à Bordeaux
© AFP - Pierre Andrieu

Verre et métal contre pierre blonde de Bordeaux, bâtiment moderne qui s'appuie contre l'ancien: c'est une architecture "à deux visages" qui a remporté cette année le prix d'architecture de l'Equerre d'Argent et suscité une controverse.

Qualifié de "Goncourt de l'architecture", ce prix a été attribué le 22 octobre aux architectes bordelais Nathalie Franck et Yves Ballot et à la communauté urbaine de Bordeaux pour la restructuration et l'extension du groupe scolaire Nuyens.

Organisé chaque année depuis 1983 par le groupe Moniteur, ce prix, qui récompense les maîtres d'oeuvre et d'ouvrage d'un bâtiment terminé dans l'année, a suscité des remous dans le monde de l'architecture où a circulé une pétition signée de quelque 150 professionnels.

Les pétitionnaires se sont insurgés, non contre les lauréats eux-mêmes, mais contre l'idée que les organisateurs du prix voulaient privilégier une architecture "du quotidien", discrète, opposée au "geste architectural", un argument réfuté par le Moniteur.

Ce n'est "pas une architecture du quotidien mais une architecture réalisée avec des moyens du quotidien", a répliqué vendredi Yves Ballot, 51 ans, en présentant à la presse le bâtiment primé. La polémique est "triste et injuste mais elle réveille une souffrance. C'est dur d'être architecte aujourd'hui", a déploré Nathalie Franck, 56 ans.

Avec des moyens limités (budget global de 5,2 millions d'euros pour 7.200 m2, soit 1.400 euros du m2 HT) les architectes ont créé un ensemble dont le prix a voulu récompenser l'originalité.

Le groupe scolaire est situé sur la rive droite de la Garonne, dans le quartier de la Bastide où bureaux et logements neufs remplacent peu à peu d'anciennes friches industrielles. Il rassemble deux écoles, une élémentaire de 225 élèves et une maternelle accueillant 150 enfants.

Alors que la mairie demandait de conserver un seul bâtiment ancien, datant de 1870, les architectes ont choisi de garder la structure du deuxième, "pas pour sa valeur patrimoniale ou esthétique, mais pour conserver sa valeur sociale", son lien avec la rue auxquels les usagers étaient habitués.

Le travail des architectes a consisté ensuite à restructurer l'espace mis à leur disposition, avec une structure "à deux visages", disent-ils, en forme de double U.

Les anciens bâtiments, faits de pierre blonde de Bordeaux, donnent sur la rue. Les nouveaux qui lui sont collés, faits d'acier gris et de verre, sont tournés vers la cour elle-même longée par une large allée publique aménagée en jardin botanique.

Les architectes ont ensuite joué des contrastes, selon les destinations, entre l'ancien et le moderne, les hauteurs de plafonds, le bois et la pierre ancienne pour les petits, l'acier des coursives pour les plus grands, en multipliant les points du vues sur la cour, les toits, le jardin ou la rue.

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