La "burqa pour hommes" séduit les jeunes Britanniques

Un modèle de "goggle jacket" pris en photo le 12 décembre 2007
© AFP -
Le blouson
avec lunettes intégrées à la capuche,
surnommé "burqa pour hommes", connaît un
succès croissant auprès des jeunes Britanniques
depuis sa mise en vente il y a quelques semaines mais la
police est impuissante face l'anonymat qu'il procure.
"En trois semaines seulement, nous en avons vendu plus de
450 dans ma région", a déclaré à
l'AFP Peter Webster, représentant dans le sud et le
sud-est de l'Angleterre pour la marque Carter. "Le
commerce de détail est très morne en ce moment et
pourtant le +goggle jacket+ a très bien
marché", a-t-il souligné.
Le "goggle jacket" est un blouson dont la capuche
peut être fermée intégralement à l'aide
de rabats pour recouvrir tout le visage, avec deux
éléments de plastique réfléchissant pour
les yeux. Il a été surnommé la "burqa
pour hommes" par un journal dominical.
Proposé par plusieurs marques entre 50 et 85 livres (70
à 120 euros), il existe pour l'instant en noir,
camouflage, crème, et... rose, et plaît surtout
aux jeunes hommes entre 15 et 25 ans.
Il s'inspire d'un blouson de cuir du créateur italien CP
Company, en hommage à une course automobile entre 1927
et 1957. Ce modèle de plus de 600 livres (834 euros) a
notamment été porté par Liam Gallagher,
membre du groupe Oasis.
Le résultat est "marrant et fashion" pour
certains, "effrayant et inquiétant" pour
d'autres: les modèles sombres créent une
silhouette de braqueur ou de commandos et les modèles
clairs donnent l'impression d'avoir survécu à une
catastrophe biologique ou nucléaire.
Chez Arrival, magasin de la banlieue de Newcastle (nord-est),
le blouson se vend comme des petits pains grâce au
bouche à oreille, même auprès des filles.
"J'en ai vendu 60 en trois semaines, et quinze
mardi", a indiqué Mark Chapman, patron ravi de la
boutique. "C'est inhabituel, c'est chaud, certains sont
imperméables. Le design est sympa, c'est un
vêtement génial", a-t-il ajouté.

Un modèle de "goggle jacket" photographié le 12 décembre 2007
© AFP -
Dans
l'immense centre commercial Bluewater à Greenhithe (est
de Londres), trois magasins vendent le blouson avec autant
de succès.
En une semaine, le magasin Base a vendu ses 30 exemplaires.
Il en a désormais 200 en stocks en prévision de
Noël. "C'est une question de mode. C'est un look
tellement différent que cela génère beaucoup
d'intérêt", a relevé le manager de la boutique.
Après plusieurs repérages ces derniers jours, Ben
Wilson, 14 ans, a profité d'être avec sa mère
pour obtenir le sien. "Beaucoup de mes copains en ont
un. Je trouve que c'est beau et que c'est chaud, c'est bien
pour l'hiver", a-t-il expliqué.
Mais il devra patienter jusqu'au 25 décembre, car c'est
le Père Noël qui lui offre son exemplaire.
Certains l'achètent pour le fun, d'autres pour faire du
ski ou de la moto mais pas pour commettre des actes
répréhensibles, assure-t-on côté
magasins et créateurs.
"Nous n'avons pas songé à une éventuelle
utilisation à mauvais escient. De toutes façons,
il existe beaucoup de vêtements que les gens peuvent
porter s'ils veulent commettre des crimes, une cagoule par
exemple", a expliqué un responsable de la marque
Projekt NYC.
Pour Mark Chapman, ce n'est pas une tenue idéale pour
commettre un délit car "il fait rapidement chaud
là-dedans et de la buée se forme sur les lunettes
donc on y voit plus rien".
Reste que le simple fait de croiser dans la rue ce qui
ressemble davantage à la créature de Roswell
qu'à un être humain, surtout si c'est une bande,
risque d'effrayer nombre de passants. Sans que la police ne
puisse intervenir.
"Il n'y a rien d'illégal à porter ce
blouson", a indiqué un porte-parole de
l'Association des officiers de police britanniques (ACPO),
précisant que pour l'instant aucun incident impliquant
un porteur de "goggle jacket" n'avait été signalé.
