Spectacle: Albanel annonce une rallonge budgétaire et des entretiens avec la profession

La ministre de la Culture Christine Albanel en novembre 2007 à l'Assemblée nationale.
© AFP/Archives - Jacques Demarthon
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a annoncé une rallonge budgétaire de 34,8 millions d'euros en 2008 pour "apaiser les inquiétudes" des professionnels du spectacle vivant, qui seront invités à participer à des "entretiens de Valois" à partir de janvier.
"Le Premier ministre et le président de la République ont décidé, à ma demande, une rallonge de 34,8 millions d'euros pour apaiser les inquiétudes et les tensions extrêmement vives qui se sont exprimées", a déclaré Mme Albanel
"C'est important pour nous d'apaiser les inquiétudes pour engager le mouvement de réflexion et de réforme que je souhaite", a ajouté la ministre.
Le monde du spectacle s'alarme depuis plusieurs semaines du budget 2008 de son ministère de tutelle, qu'il juge insuffisant, et réclame la tenue d'un "Grenelle de la culture".
"Un Grenelle, ce n'est pas le sujet à mon avis, car la culture n'est pas un domaine où tout est à construire", a estimé jeudi Mme Albanel.
"En revanche, je propose de mener des entretiens -- ce serait les entretiens de Valois -- avec les professionnels du secteur et les grandes associations représentant les collectivités territoriales pour essayer de préciser les missions et les modes d'engagement des uns et des autres", a ajouté la ministre.
Selon Mme Albanel, ces entretiens, qui pourraient avoir lieu à Paris "tout au long de l'année 2008", devraient permettre de "réfléchir à ce que l'on attend" des structures subventionnées.
La ministre a évoqué des "critères" qui seraient appliqués à ces établissements dans le domaine de "la diffusion", de "l'éducation artistique et culturelle", de "la création" et de "la fréquentation".
"La fréquentation, c'est un des sujets mais pas le seul, loin de là", a souligné Mme Albanel, en réponse à ceux qui l'accusent de vouloir instaurer une "culture de l'audimat".
"L'idée est de généraliser la contractualisation et un système d'engagements réciproques, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", a poursuivi la ministre, qui a cité le taux de 53% de structures subventionnées (théâtres nationaux, scènes nationales...) faisant actuellement l'objet de contrats avec l'Etat.
Mme Albanel a enfin relativisé un article qui doit paraître samedi dans Le Figaro Magazine faisant état d'un "projet de réforme" dans le secteur en cinq points. "Il s'agit d'une note interne que je n'ai pas validée", a-t-elle dit.
"Il s'agit plutôt de mettre sur la table certains sujets", a indiqué la ministre, en citant la question d'un observatoire du spectacle vivant "pour avoir des données fiables" sur ce secteur ou encore l'avenir des labels (centres dramatiques, scènes nationales, scènes conventionnées, etc.).
