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La 1ère carte de l'Amérique, dessinée en France, à la Librairie du Congrès

jeudi 13 décembre

Une des trois éditions au monde de "l'acte de naissance de l'Amérique", parue à Saint-Dié-des-Vosges en 1507 et présentée en septembre 2006 à la bibliothèque de Sélestat
© AFP/Archives - Olivier Morin


La
première carte portant le nom de l'Amérique,
dessinée en France à Saint-Dié-des-Vosges en
1507, a pris sa place définitive jeudi à la
Bibliothèque du Congrès à Washington où
elle sera accessible au public de manière permanente.

Souvent labellisée comme "le certificat de
naissance" de l'Amérique, cette planisphère a
été confectionnée par un moine allemand,
Martin Waldseemüller, et un collège de savants
installés dans la petite ville de Saint-Dié en
Lorraine, qui depuis, se targue d'être "la marraine
de l'Amérique".

Sur les 500 exemplaires édités à
l'époque, il ne reste que celui-ci, conservé
pendant 350 ans par une famille princière allemande,
qui l'a cédée en 2003 à la Bibliothèque
du Congrès pour 10 millions de dollars.

"Pour la première fois, on y voit un second
hémisphère, deux océans qui deviendront
l'océan atlantique et pacifique et surtout le nom
d'America !", s'enthousiasme John Hébert, chef du
département des cartes de l'immense bibliothèque.

La carte, un document de 2,32 m de long sur 1,20 m
constitué de douze panneaux, trône désormais
dans la salle d'exposition de la Bibliothèque du
Congrès, protégée dans un caisson de verre
spécialement réalisé elle.

La précision et l'exactitude de la carte étonnent
encore les experts: "la carte est correcte à 80%
pour tout le continent américain. Au niveau de
l'Equateur, cette carte a une marge d'erreur de 70 miles
(environ 112 km)", explique M. Hebert.

En s'en tenant aux documents d'explorateurs parvenus
jusqu'à nous, il n'aurait pas été possible de
dessiner cette carte avec autant de précision, selon
lui. "Je suspecte qu'Espagnols et Portugais, entre 1492
et 1506, sont parvenus à faire le tour de
l'Amérique par le sud et explorer la côte
ouest", affirme-t-il pour expliquer les détails de
la planisphère.

Un autre mystère intrigue les historiens. En 1507,
Waldseemüller choisit de nommer le Nouveau continent du
prénom d'Amerigo Vespucci, le navigateur italien,
plutôt que du nom de Christophe Colomb, découvreur
de l'Amérique en 1492. Il nomme toutefois le navigateur
gênois en trois endroits sur sa carte.

Mais dans ses travaux ultérieurs, Waldseemüller
abandonne le nom d'"America" pour préférer
celui de "Terra Incognita".

Une autre carte de l'érudit, datant de 1516,
léguée à la Librairie du Congrès par un
riche collectionneur, Jay Kislak, est d'ailleurs
présentée simultanément au public.
Waldseemüller y désigne le nouveau continent
"Terra Nova".

"Pourquoi met-il le nom d'America en 1507 et ne le
fait-il plus en 1516 ? Je ne sais pas si on a la
réponse. Peut-être les Espagnols ou les Portugais
se sont-ils plaints", suggère M. Hebert.

Toujours est-il que quelques années plus tard, dès
1520, le nom d'America sera définitivement adopté
par les cartographes.

"Vous savez, au moins quatre ou cinq livres ont
été récemment écrits sur la façon
dont l'Amérique a trouvé son nom", note Jay Kislak.

"Pour moi, je crois que Vespucci avait de meilleurs
contacts avec la presse que Christophe Colomb",
plaisante l'ancien banquier, collectionneur de cartes.
"Il écrivait bien, il était de la haute
société, il avait un meilleur service de relations
publiques en quelque sorte. C'est pour ça qu'on
s'appelle America et pas Colombia", dit-il.

Volet Féminin