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L'architecte brésilien Niemeyer fête ses 100 ans avec un projet en Espagne

samedi 15 décembre

Oscar Niemeyer fume dans on studio, le 12 décembre 2007 à Rio de Janeiro
© AFP - Antonio Scorza


L'architecte
brésilien Oscar Niemeyer, concepteur de Brasilia, la
futuriste capitale brésilienne, fête samedi ses
100 ans, avec le coup d'envoi de son dernier projet, un
centre culturel à Avilés, au nord de l'Espagne.

A cette occasion, une sorte de "G7" des grands
centres culturels de la planète se tient vendredi et
samedi dans cette ville de 80.000 habitants où doit
être construit à partir de mars, un centre
culturel d'après les dessins du maître
brésilien de l'architecture.

Ce "Forum mondial des centres culturels" rassemble
les représentants du Centre Pompidou de Paris, du
Lincoln Center de New York, de l'Opera de Sydney, de la
Bibliothèque d'Alexandrie, du Barbican Center de
Londres, du Tokyo International Forum et du Hong Kong
Cultural Center.

Tous ces responsables appelés à venir partager
leurs expériences, seront réunis dans le cadre du
futur Centre culturel international Oscar Niemeyer dont
l'inauguration à Avilés est prévue d'ici deux ans.

L'architecte célèbre pour avoir dessiné dans
les années 1950 les contours de la capitale
brésilienne Brasilia, a imaginé pour cette petite
ville espagnole un nouvel espace culturel à l'image de
celui réalisé par l'Américain Frank Gehry
pour la fondation Guggenheim à Bilbao au Pays Basque (nord).


Image de synthèse du du futur centre culturel projeté par par Oscar Niemeyer à Avilès, le 11 déembre 2007
© AFP/ Centre Niemeyer -


Ce
bâtiment qui est le tout premier conçu par
l'architecte pour l'Espagne, prétend
"régénérer une ville assez sinistrée
par la reconversion industrielle" et attirer des emplois
dans la culture et les services, explique à l'AFP le
sous-directeur du Centre Niemeyer, Joan Picanyol.

Le centre décrit comme une "grande scène de
théâtre", trouvera sa place sur une friche
industrielle laissée par une usine sidérurgique au
bord du fleuve côtier Ria de Avilés, près du
centre ville.

Le site n'est pas sans rappeler celui du futuriste Musée
Guggenheim de Bilbao qui lui aussi était né, il y
a 10 ans tout juste, en bordure de fleuve pour
régénérer une ville en plein déclin industriel.

Mais la comparaison s'arrête là, selon M. Picanyol:
"Nous ne sommes pas un musée mais un centre
culturel. Nous n'avons pas un fond permanent d'oeuvres. Nous
voulons être absolument multidisciplinaire".

L'objectif est de pouvoir y présenter aussi bien des
expositions que des spectacles, des concerts, des
congrès et des événements en plein air.

Ce nouveau lieu correspond à un projet architectural
dont l'architecte brésilien avait fait cadeau à la
Fondation Prince des Asturies après avoir reçu en
1989 ce prestigieux prix espagnol, décerné tous
les ans à Oviedo, la capitale des Asturies.


Oscar Niemeyer dans son bureau de Copacabana, le 30 juillet 2003 à Rio de Janeiro
© AFP/Archives - Vanderlei Almeida


Le Centre
Niemeyer se composera d'une galerie d'exposition de 4.000
mètres carrés, d'un auditorium de 1.000 places,
d'un centre de congrès, de cinémas, d'un
restaurant et d'une vaste esplanade.

Ce centre multiculturel sera doté d'un conseil avec
parmi ses membres le cinéaste américain Woody
Allen, le scientifique britannique Stephen Hawking, le
président de Google Vinton Cerf et encore
l'écrivain brésilien Paulo Coelho.

Niemeyer qui ne sera pas présent pour la tenue du
"Forum mondial des centres culturels", y enverra
cependant un message vidéo et compte bien se
déplacer pour la pose de la première pierre de son
édifice en mars.

L'architecte brésilien Oscar Niemeyer qui fête ses
100 ans samedi est encore en pleine activité
créatrice, avec en moyenne cinq projets par mois dont
la plupart se distinguent par des lignes courbes et
sensuelles, "un hommage au corps de la femme".

Le concepteur de Brasilia, en collaboration avec l'urbaniste
Lucio Costa, travaille encore tous les jours dans son
atelier aux grandes baies vitrées, face à la plage
de Copacabana, à Rio de Janeiro.

Il a abandonné récemment, avec soulagement, une
chaise roulante qui limitait ses déplacements
après une fracture du bassin en décembre 2006.


Mercredi, au nom du
président français Nicolas Sarkozy, il
a été élevé au grade de
commandeur de la Légion d'Honneur lors d'une
cérémonie intime dans son atelier où il est
apparu en forme au bras de son épouse et ex-assistante
Vera Lucia Cabrera (60 ans).

"Je suis très content de recevoir une
décoration venant d'un pays où j'ai reçu
toutes les possibilités de travail", a-t-il dit en
français à l'ambassadeur de France, Antoine Pouillieute.

La France qui l'a accueilli pendant
quelques années alors qu'il fuyait la
dictature militaire brésiilenne (1964-1985)
compte près d'une vingtaine d'oeuvres de Niemeyer, dont
le siège du Parti Communiste à Paris (1965) et la
Place du Havre (1972).

"J'ai le même intérêt pour la vie que
quand j'étais jeune", avait-il dit en avril lors de
l'inauguration du Théâtre Populaire de Niteroi, un
édifice curviligne évoquant une femme couchée
sur la pelouse. "Ma recette: ne pas accepter la
vieillesse, penser qu'on a 40 ans et agir comme si".


Le batiment du Congrès à Brasilia construit en 1960 par Niemeyer
© AFP/Archives - Evaristo Sa


Le doyen de
l'architecture brésilienne a actuellement
sept projets en cours d'élaboration et une dizaine
d'autres dont la construction est sur le point de
démarrer: l'école du théâtre
Bolchoï à Santa Catarina (sud du Brésil) ou
la Place du Peuple à Brasilia, immense salle de concert
en plein air.

A l'étranger, d'autres projets sont en cours parmi
lesquels un auditorium à Ravello en Italie, un Parc
aquatique à Postdam en Allemagne ou l'ambassade du
Brésil à Cuba.

Celui qui reste un "communiste convaincu" a fait
cadeau au président vénézuélien Hugo
Chavez d'un projet de monument en hommage au dirigeant
indépendantiste d'Amérique latine Simon Bolivar.
Mais ce projet ne verra pas le jour car "Chavez
préfère quelque chose de moins abstrait",
selon Niemeyer.

José Carlos Sussekind,
l'ingénieur responsable pour le calcul
structurel des bâtiments affirme admiratif que
lorsque Niemeyer "dessine sur le papier, il a
déjà tout défini".

"Il travaille beaucoup plus dans sa tête que sur le
dessin", a-t-il dit au journal Globo qui vient de
consacrer un cahier spécial à "notre
génie vivant".


Intérieur de la cathédrale de Brasilia
© AFP/Archives - Eevaristo Sa


La semaine
dernière, l'Institut du patrimoine historique
et artistique national (Iphan) a classé "monuments
historiques" les dernières 23 oeuvres de
l'architecte, à Rio et Brasilia.

Il y a dix jours, le président Luiz Inacio Lula da Silva
s'est déplacé à Rio pour lui remettre dans
son atelier la "Médaille du Mérite
Culturel" en hommage aux quelque 600 oeuvres
réalisées dans le monde entier. C'est à cette
occasion que le chef de l'Etat a annoncé que
l'année 2008 serait décrétée
"année Oscar Niemeyer".

Vendredi, il recevra également une décoration du
président russe Vladimir Poutine, des mains de
l'Ambassadeur de Russie au Brésil, le "Collier de
l'amitié des peuples".

D'abord rétif à toute fête d'anniversaire,
Niemeyer a finalement accepté "de recevoir ses
amis" samedi dans sa maison de Canoas (zone sud de Rio),
a-t-il confié à l'AFP.

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