Dans le ciel de Pékin, une tour avant-gardiste imprime sa marque

Le siège de la chaîne nationale de TV chinoise en construction le 12 décembre 2007 à Pékin
© AFP - Frederic J. Brown
Dans un ciel
bleu d'hiver, la tour la plus avant-gardiste de Pékin,
futur siège de la télévision centrale, est
l'objet de toutes les attentions : les deux parties
principales de cette arche distordue sont enfin connectées.
"C'est le moment le plus intéressant de tout le
processus", commente Ole Scheeren, le co-architecte
allemand de l'agence OMA Rem Kolhaas, qui en 2002 a
remporté l'appel d'offres international.
L'architecte allemand décrit l'ouvrage, dont il a la
charge -- actuellement un squelette formé de 10.000
tiges d'acier -- comme une boucle pliée dans l'espace.
En plein quartier des affaires, surplombant un
périphérique de l'Est de la capitale, elle est
photographiée sous toutes les coutures.
Face à un tel défi architectural et à la
complexité de la structure d'une hauteur de 234
mètres, les autorités de Pékin avaient mis en
place une équipe de 13 ingénieurs, qui ont
travaillé pendant deux ans avec OMA. Puis, le feu vert
a été accordé en septembre 2004.
Une fois totalement achevé, en principe en 2009,
l'ensemble constituera le plus grand siège au monde
pour une entreprise et le deuxième immeuble de bureaux
derrière le Pentagone. Budget initial : plus de 600
millions de dollars.
Pour donner encore plus la sensation de vertige, une
structure en verre, au sol, sera installée dans la
partie reliant les deux "piliers" de l'arche,
explique Scheeren.

Le futur siège de la télévision centrale, le 12 décembre 2007
© AFP - Frederic J. Brown
Avec
l'Opéra de Pékin réalisé par le
Français Paul Andreu, la tour CCTV, du nom du bras
audiovisuel de la propagande chinoise, est le bâtiment
public symbole du nouveau Pékin moderne qui accueillera
les jeux Olympiques en août prochain. Sa structure
principale doit d'ailleurs être achevée juste avant.
Sans parler des édifices sportifs, comme le Stade des
Jeux, surnommé le "Nid d'oiseau", et la piscine olympique.
Pour Scheeren, l'ambition et la qualité des ces projets
"dépassent largement ce qui a été produit
avant non seulement en Chine mais aussi certainement dans
d'autres villes du monde au cours de l'histoire récente".
L'architecte, qui a fait de Pékin la base de ses
activités en Asie, se justifie face à ceux qui
l'accusent de construire le nouveau siège d'un organe
officiel du régime chinois.
"Cela ne représente qu'une petite contribution
à un processus de transformation plus large, mais cela
peut être, je l'espère, une contribution
significative à un processus de changement qui a lieu
de manière notable en ce moment", affirme celui qui
est désormais un VIP en Chine, en raison de sa liaison
supposée avec Maggie Cheung, star du cinéma de
Hong Kong.
