Le tourisme en progression à Bethléem

L'église de la Nativité décorée le 11 décembre 2007 à Bethléem
© AFP - Musa al-Shaer
Le tourisme à Bethléem, la ville natale du Christ, a augmenté de 60% au cours des trois derniers mois, a annoncé mardi son maire, Victor Batarseh, malgré le "mur" de séparation qui selon lui a transformé l'endroit en "grande prison".
M. Batarseh s'est félicité "qu'au cours des trois derniers mois, le pourcentage de touristes à Bethléem a augmenté d'environ 60%", tout en dénonçant le "mur de l'Apartheid" qui a formé des "ghettos" en Cisjordanie.
"En janvier 2007, 18.509 touristes ont visité la ville de Bethléem et à partir de septembre le nombre de touristes a commencé à augmenter" pour atteindre près de 64.500 personnes, a précisé le maire, soulignant qu'il s'attendait "à une hausse encore plus forte" de visiteurs pour la période des fêtes.
Avant le début de la seconde Intifada, en septembre 2000, environ un million de personnes se rendaient chaque année à Bethléem, une ville de 30.000 habitants qui vit essentiellement des pèlerinages et du tourisme.
Selon M. Batarseh, l'augmentation du nombre de touristes en 2007 est due "aux efforts de l'Eglise" pour pousser les pèlerins à revenir à Bethléem qui est une ville "sûre" sur le plan de la sécurité, dans un contexte général de forte diminution des violences en Cisjordanie ces derniers mois.
Le maire a dit espérer, sans trop y croire, que la récente réunion internationale d'Annapolis aux Etats-Unis donnera des résultats.
"Chacun espère qu'Annapolis va mener à la paix mais nous avons eu de mauvaises expériences dans le passé: beaucoup de parlote et aucun résultat sur le terrain", a-t-il estimé.
Il a dénoncé le "mur" de séparation construit par Israël, qui coupe Bethléem de Jérusalem et augmente encore le chômage, du fait de l'impossibilité pour des habitants d'aller travailler dans la ville sainte.
"Le berceau du Christ s'est mué en une vaste prison" s'est-il plaint, affirmant que cette barrière enserre littéralement Bethléem et que 700 hectares de terres cultivables ont été confisquées à des Palestiniens pour l'ériger.
Par ailleurs, Victor Batarseh a fait état d'une "grave crise financière" qui touche la municipalité, dont les employés n'ont pas été payés ces deux derniers mois.
La France a attribué une subvention de 400.000 euros cette année pour illuminer la ville pendant la fête de Noël, a-t-il indiqué.
Bethléem est aujourd'hui une ville à forte majorité musulmane, en raison de l'émigration des résidents chrétiens vers l'Occident et notamment l'Amérique latine, qui s'est accentuée ce dernières années. Le maire est traditionnellement chrétien.
Présentée par Israël comme une "clôture antiterroriste" empêchant l'infiltration sur son sol de kamikazes, la barrière qui empiète sur la Cisjordanie et doit s'étendre à terme sur plus de 650 km, est qualifiée de "mur de l'Apartheid" par les Palestiniens.
Dans un avis rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l'a fait ensuite l'Assemblée générale de l'ONU.
Israël n'a pas tenu compte de ces demandes.
