A la Comédie-Française, une "Mégère apprivoisée" aux effets appuyés

La façade de la Comédie-Française à Paris.
© AFP/Archives - Jean-Loup Gautreau
La Comédie-Française a confié la deuxième nouvelle production de sa saison 2007-2008 dans sa salle Richelieu à Paris, "La Mégère apprivoisée" de Shakespeare, au Lituanien Oskaras Korsunovas, qui multiplie les effets appuyés au risque de lasser le public.
Cette comédie en cinq actes du dramaturge anglais, qui relève largement de la farce, n'était plus à l'affiche de la Maison de Molière depuis 1934.
En invitant pour la première fois le metteur en scène Oskaras Korsunovas, l'administrateur général du Français, Muriel Mayette, a souhaité qu'un "regard neuf" soit porté sur cette pièce dont l'intrigue principale est le "dressage" d'une jeune fille rebelle par son prétendant.
Une deuxième intrigue se greffe sur la première: le mariage au plus offrant de la soeur cadette de la jeune fille.
Le spectacle, il est vrai, évite d'apparaître comme sexiste voire machiste, ce qui était le but recherché, sans pour autant convaincre pleinement.
Oskaras Korsunovas estime que "dans +La Mégère apprivoisée+, Shakespeare parle surtout du rapport du théâtre et de la vie..., d'un théâtre, dit-il, qui serait au dessus de la réalité, qui la dépasserait, d'un théâtre supra-réel".
Cependant sa démonstration, qui insiste beaucoup sur les effets de théâtre dans le théâtre, alourdit la représentation.
La moindre réplique est ponctuée par des effets musicaux (souvent faciles) imaginés par le compositeur lituanien Gintaras Sodeika pour une bande son et des instruments de musique (tambourin, scie musicale, crécelle, violoncelle, trompette et cor désaccordés, etc.) joués tour à tour par chacun des interprètes.
Les intrigues se déploient sur un plateau particulièrement sombre et transformé en atelier de costumes suspendus à des tringles, avec des comédiens munis chacun d'une planche sur laquelle se trouve collé le costume de son personnage.
Chaque interprète, soit se cache derrière sa planche, soit ne montre que son visage, soit devient le spectateur de son personnage symbolisé par son costume.
Les comédiens du Français sont sans cesse en mouvement dans ce spectacle réclamant un grand investissement physique, qui les transforme cependant en figures de guignol plutôt qu'en personnages sensibles.
