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A la Comédie-Française, une "Mégère apprivoisée" aux effets appuyés

mardi 11 décembre

La façade de la Comédie-Française à Paris.
© AFP/Archives - Jean-Loup Gautreau


La
Comédie-Française a confié la deuxième
nouvelle production de sa saison 2007-2008 dans sa salle
Richelieu à Paris, "La Mégère
apprivoisée" de Shakespeare, au Lituanien Oskaras
Korsunovas, qui multiplie les effets appuyés au risque
de lasser le public.

Cette comédie en cinq actes du dramaturge anglais, qui
relève largement de la farce, n'était plus à
l'affiche de la Maison de Molière depuis 1934.

En invitant pour la première fois le metteur en
scène Oskaras Korsunovas, l'administrateur
général du Français, Muriel Mayette, a
souhaité qu'un "regard neuf" soit porté
sur cette pièce dont l'intrigue principale est le
"dressage" d'une jeune fille rebelle par son prétendant.

Une deuxième intrigue se greffe sur la première: le
mariage au plus offrant de la soeur cadette de la jeune fille.

Le spectacle, il est vrai, évite d'apparaître comme
sexiste voire machiste, ce qui était le but
recherché, sans pour autant convaincre pleinement.

Oskaras Korsunovas estime que "dans +La Mégère
apprivoisée+, Shakespeare parle surtout du rapport du
théâtre et de la vie..., d'un théâtre,
dit-il, qui serait au dessus de la réalité, qui la
dépasserait, d'un théâtre supra-réel".

Cependant sa démonstration, qui insiste beaucoup sur les
effets de théâtre dans le théâtre,
alourdit la représentation.

La moindre réplique est ponctuée par des effets
musicaux (souvent faciles) imaginés par le compositeur
lituanien Gintaras Sodeika pour une bande son et des
instruments de musique (tambourin, scie musicale,
crécelle, violoncelle, trompette et cor
désaccordés, etc.) joués tour à tour par
chacun des interprètes.

Les intrigues se déploient sur un plateau
particulièrement sombre et transformé en atelier
de costumes suspendus à des tringles, avec des
comédiens munis chacun d'une planche sur laquelle se
trouve collé le costume de son personnage.

Chaque interprète, soit se cache derrière sa
planche, soit ne montre que son visage, soit devient le
spectateur de son personnage symbolisé par son costume.

Les comédiens du Français sont sans cesse en
mouvement dans ce spectacle réclamant un grand
investissement physique, qui les transforme cependant en
figures de guignol plutôt qu'en personnages sensibles.

Volet Féminin