Bientôt un Las Vegas européen en plein désert espagnol

Image de synthèse d'un casino projeté dans le désert de Los Monegros près de Saragosse, le 27 novembre 2007
© AFP/ILD -
Un
véritable Las Vegas européen va bientôt
pousser en plein désert aragonais, dans le nord de
l'Espagne, avec 32 hôtels-casinos, des parcs
d'attractions, un golf, un hippodrome, un centre de
congrès, une salle d'opéra, des musées, des
quartiers résidentiels...
Le consortium d'investisseurs International Leisure
Development (ILD), basé au Royaume-Uni et promoteur du
projet, prévoit à terme 25 millions de visiteurs
par an pour une capacité de 35 millions de visiteurs.
L'objectif est la "construction d'une ville de loisirs
intégrée pour tous les âges, la première
ville européenne qui aura ces
caractéristiques", à environ une heure de
route de Saragosse, explique à l'AFP Jaime Riera, l'un
des seuls investisseurs espagnols du projet.
Cette ville-loisirs, articulée autour de 16 thèmes
historiques, de la préhistoire à la Grèce
antique et au monde contemporain, sera construite sur une
superficie de 2.000 hectares, soit un carré de 4,5 km
de côté, dans le désert aride de Los Monegros.
Elle sera desservie par deux routes à trois voies et on
pourra y circuler en tramway. On ignore encore quand elle
doit être achevée.
Ce projet de 17 milliards d'euros, provisoirement
baptisé "Gran Scala", a obtenu le feu vert du
gouvernement régional d'Aragon, ravi de cette aubaine,
"entièrement financée par des fonds
privés", qui va mettre en lumière cette
région moins connue que les plus touristiques Catalogne
(nord-est) ou Andalousie (sud).

Un casino de style égyptien en image de synthèse pour le Las Vegas européen, présenté le 27 novembre 2007, près de Saragosse
© AFP/ILD -
"C'est
un projet intéressant, nous nous sommes
engagés à leur donner toutes les
facilités nécessaires et nous avons de
grandes attentes, avec une prévision de
30.000 création d'emplois", a
déclaré à l'AFP un porte-parole du
gouvernement aragonais.
Très satisfaits de cet accueil, les promoteurs vantent
les conditions naturelles de cette région de 47.719 km2
et de 1,2 million d'habitants, calée entre l'Atlantique
et la Méditerranée.
Ils comptent aussi sur la répercussion touristique de
l'organisation en 2008 de l'Exposition internationale de
Saragosse, pour laquelle les infrastructures régionales
vont être modernisées.
"Des infrastructures rénovées, la renommée
à venir de l'Aragon et la rapidité d'action des
élus régionaux font tous les attraits du
projet", résume le Français Didier Rancher,
dont l'équipe va implanter deux parcs d'attractions,
Spyland et Acquantica.
Pour Spyland, grand parc sur l'histoire des agents secrets,
l'équipe française avait d'abord pensé à
Dubaï, où le projet a été gelé, et
à la France, où il n'a pas abouti, notamment en
raison de la "frilosité des élus locaux".

Le site actuel où sera implanté le prochain Las Vegas européen, près de Saragosse, le 27 novembre 2007
© AFP - Josep Iago
Spyland et le
parc aquatique Acquantica seront finalement
installés sur 100 hectares du désert de Los
Monegros et leur construction devrait commencer au
troisième ou au quatrième trimestre 2008.
"Dans une première phase,
avec seulement un tiers des parcs construits, on
recevrait de l'ordre de un million de visiteurs
pour la première année au sein d'un
complexe qui ne serait lui-même pas encore totalement
construit", explique Didier Rancher.
Le projet "Gran Scala" doit être
présenté à la presse le 12 décembre
à Saragosse, en présence de tous les
investisseurs, architectes et ingénieurs, selon Jaime Riera.
La semaine dernière, Adolfo Barrena, élu
régional de la coalition écolo-communiste
Izquierda Unida (IU) a dénoncé ce projet qui,
selon lui, ne prend pas en compte "une chose aussi
importante et fondamentale que le développement durable".
Les investisseurs d'ILD affirment le contraire et promettent
que les machines à sous, parcs d'attraction et
hôtels du Las Vegas européen tourneront en
"majorité à l'énergie solaire et éolienne".
