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Grèce: les Spartiates blanchis du crime d'infanticide par les archéologues

lundi 10 décembre

Fouilles archéologiques au sud de l'Acropole de Sparte
© Roger-Viollet -


La
légende selon laquelle les Spartiates de
l'Antiquité jetaient les nouveaux-nés jugés
difformes ou trop chétifs dans un gouffre n'a pas
été corroborée par des fouilles
archéologiques sur place, a rapporté lundi à
l'AFP l'un des chercheurs.

Plus de cinq ans de recherches et d'analyse des restes
humains recueillis sur le site, le gouffre des
Apothètes, n'ont permis de retrouver que des restes
d'adolescents et d'adultes, en majorité âgés
de 18 à 35 ans, a précisé Théodoros
Pitsios, anthropologue de la faculté de médecine d'Athènes.

"Il y a encore des ossements mais aucun de
nouveau-né, selon les coupes que nous avons
réalisées jusqu'au fond du gouffre" situé
sur les contreforts du mont Taygète, près de
l'actuelle Sparte (Péloponnèse).

"Il s'agit sans doute d'un mythe, les sources antiques
sur cette prétendue pratique sont d'ailleurs rares,
tardives et imprécises", a ajouté M. Pitsios.

Censée attester du caractère militariste de
l'organisation spartiate antique, la légende fut
surtout propagée par le moraliste Plutarque, au Ier
siècle de notre ère.

Selon M. Pitsios, les ossements étudiés
jusque-là, datant des VI-Ve siècles et appartenant
à 46 hommes, confirment par contre les sources antiques
selon lesquelles Sparte jetaient aux Apothètes
prisonniers, traîtres ou criminels.

"Nos découvertes évoquent un épisode de la
deuxième guerre entre Sparte et Méssène et la
défaite face aux Spartiates du héros
méssénien Aristomenes et ses 50 guerriers,
précipités dans les Apothètes", a-t-il affirmé.

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