Rupture des négociations entre scénaristes et producteurs aux Etats-Unis

Les scénaristes en grève devant les studios de la Fox à Los Angeles, le 26 novembre 2007
© AFP/Archives - Gabriel Bouys
Les
négociations ont été rompues vendredi entre
les producteurs et les scénaristes de l'audiovisuel
américains, en grève depuis plus d'un mois,
chacune des deux parties faisant reposer sur l'autre la
responsabilité de cet échec.
Ni le syndicat des scénaristes de cinéma et de
télévision (WGA), ni celui des producteurs
(AMPTP), n'ont évoqué de date pour une reprise des pourparlers.
L'AMPTP et la WGA, qui réclame une revalorisation des
droits d'auteur pour tenir compte de l'exploitation du
travail des scénaristes sur de nouveaux supports
(internet, baladeurs numériques, DVD...), avaient
négocié quatre jours la semaine dernière,
puis à nouveau de mardi à vendredi, sans succès.
"Nous sommes désolés d'annoncer que les
négociations entre l'AMPTP et la WGA ont été
à nouveau rompues", a indiqué le syndicat des
producteurs dans un communiqué, se disant "perplexe
sur la stratégie de la WGA qui semble destinée
à faire dérailler les pourparlers plutôt
qu'à permettre de conclure cette grève".
"Quelles que soient les circonstances, nous ne
participerons jamais volontairement à la destruction de
ce secteur" économique, a encore ajouté
l'AMPTP, affirmant que les exigences des scénaristes
sont disproportionnées.
"Si les responsables de la WGA peuvent convoquer des
manifestations (...) nous nous posons la question de savoir
s'ils sont capables de parvenir à un accord dans
l'intérêt de notre secteur d'activité", a
affirmé le syndicat des producteurs.
Accusant pour sa part l'AMPTP de lui poser un
"ultimatum", la WGA a affirmé que "si de
nombreux aspects (des discussions) sont négociables,
nous refusons de nous brader".
La WGA, qui affirme que les négociateurs de l'AMPTP ont
pris la responsabilité de la rupture, s'est toutefois
dite "prête, et volontaire pour négocier,
quelle que soit l'intransigeance de nos partenaires, parce
que les enjeux sont trop élevés".
"Lorsque quiconque d'entre eux sera prêt à
revenir à la table (des négociations), nous serons
là, prêts à parvenir à un accord
juste", a encore assuré le syndicat des scénaristes.
Toute rédaction ou révision de scénario de
télévision ou de cinéma est de facto
gelée depuis le début de la grève le 5
novembre. Des piquets de grève sont déployés
devant les entrées des grands studios de la région
de Los Angeles, et notamment autour de Hollywood, le
quartier historique du cinéma dans le nord-ouest de la
mégalopole californienne.
Plusieurs séries télévisées dont
"Desperate Housewives" et "24 heures chrono"
ont déjà été affectées par la
grève, et les "talk-shows" du soir ont dû
avoir recours à des rediffusions. La plupart des
animateurs de ces émissions ont pris à leur charge
les salaires de leurs employés au chômage technique.
Côté 7e art, les tournages des films "Anges et
démons" avec Tom Hanks, "Pinkville"
d'Oliver Stone et "Shantaram" de Mira Nair avec
Johnny Depp ont notamment été retardés. Ce
conflit risque en outre de jeter une ombre sur la saison des
récompenses, qui culmine avec les Oscars le 24 février.
Les autorités de Los Angeles et de Californie (ouest)
ont mis en garde contre un conflit de longue durée, qui
risquerait de coûter des centaines de millions de
dollars à l'économie locale. L'onde de choc
pourrait en effet se propager à tous les secteurs
d'activité gravitant autour du cinéma, des
techniciens de plateau aux chauffeurs de limousines.
