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L'avenir de l'apéritif est dans l'allégé, et surtout le rapide

samedi 08 décembre

Saucisses et saucissons en vente dans dans une charcuterie
© AFP/DPA/Archives - Kay Nietfeld


Les
cochonnailles, chips et autres fromages à
l'apéritif ont peut-être vécu, selon les
spécialistes de la consommation, pour lesquels l'avenir
de l'apéritif est dans l'allégé, le facile,
et surtout le rapide.

"C'est une tendance lourde. On déstructure les
repas. On mange de moins en moins longtemps", dit
Rémy Lucas, de l'agence CATE, "bureau de tendance
sur la restauration".

L'apéritif, dont Paul Morand disait en 1926 que
"c'était la prière du soir des
Français", avant un dîner souvent long et
copieux, est de plus en plus souvent remplacé par
l'apéritif dînatoire.

"Autrefois, le plaisir alimentaire était très
sacralisé. En passant le siècle, on a remisé
au grenier des traditions d'antan", estime Xavier
Terlet, consultant pour le SIAL (Salon international de
l'alimentation), rendez-vous bi-annuel mondial du secteur.

"On va sur des choses éminemment modernes comme la
cuisine moléculaire, on mange avec les mains de petites
choses, multiples, comme des tapas ou des légumes.
L'apéritif dînatoire a pris le dessus sur
l'apéro", ajoute-t-il.

En "franglais", on parle du "finger food"
(manger sans couverts) ou du "diping", action de
plonger de la nourriture dans des sauces.

Il est désormais très tendance de grignoter des
tapas de légumes ou de déguster des mini-portions
d'avocat au crabe ou de crumble tomate-fromage de
chèvre dans des verrines, ces verres microscopiques.

A preuve, le dernier catalogue de Picard, numéro un
français du surgelé, où abondent les
mini-brochettes apéritives et les mini-cassolettes
à la crème de châtaigne, aux cèpes
à l'ail et au persil-épinards.

Mais le fin du fin, pour l'apéro comme pour les repas,
sera peut-être le moléculaire, avec pipettes et
produits chimiques censés magnifier boissons et repas.

Primé par le salon Innov Vous, qui prépare le SIAL,
une PME albigeoise, Phodé, s'apprête à lancer
sur le marché un kit d'adjuvants qui enfonce les
défenses de la gastronomie française.

D'ici 15 jours, sur le net ou dans des magasins
spécialisés, ménages et restaurateurs
disposeront de dosettes de parfums naturels, de sachets de
chlorure de calcium et de pipettes pour les verser sur
boissons ou plats.

En particulier dans le Champagne, les vins pétillants ou
des boissons gazeuses, sous le nom poétique de
"Comètes". Ces substances "libèrent de
nouvelles saveurs, de nouvelles textures sous forme de
perles", selon Daniel Eclache, PDG de Phodé.

Du même type que les découvertes du
célèbre chef catalan Ferran Adria, les kits, pour
50 euros, permettront de transformer une centaine de
boissons. D'autres sont prévus pour la nourriture.

Autre innovation remarquée par les professionnels, des
petites pommes de terre crues vendues en barquettes pour
micro-ondes avec sauce incluse, commercialisées par la
société "Pom'Alliance" sous le nom d'"Apéribilles".

Selon Guy de Foucauld, son directeur commercial, "on ne
mange plus assis pour l'apéro, les produits doivent
être vite prêts, il faut juste réchauffer".

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