Fête des Lumières à Lyon: du kitsch au flamboyant

Un artiste installe des fleurs lumineuses pour la Fête des Lumières, le 06 décembre à Lyon
© AFP - Fred Dufour
Heureux de
découvrir le caractère baroque de leur cité,
les Lyonnais s'attardent et savourent depuis jeudi les
flamboyants atours que revêtent leurs rues et
monuments, frôlant l'extravagance, pour
célébrer la neuvième fête des
Lumières jusqu'à dimanche.
Version laïcisée d'une tradition religieuse
existant depuis plus de 150 ans, qui consiste à
célébrer la Vierge Marie par une scénographie
lumineuse exceptionnelle, cet événement, unique en
Europe, doit accueillir au total quatre millions de personnes.
Dans les rues de la cité, l'ambiance est à la
fête, joyeuse et bon enfant.
Casquette vissée de travers sur la tête, Julien, 18
ans, apprécie ce qu'il voit. "Tous les jours, on
croise les mêmes trucs. Là, c'est pas pareil, il y
a des couleurs partout." Originaire de Feyzin, dans la
banlieue de Lyon, il explique que chaque année, cet
événement l'attire: "Avec mes copains, on
vient direct, c'est sympa."

Des enfants jouent avec un cube lumineux, lors de la Fête des Lumières à Lyon, le 06 décembre 2007
© AFP - Fred Dufour
Sur les
places, le long des quais, les 1.200 réverbères
colorés en rouge par la municipalité jettent une
lueur pourpre sur le centre-ville, lui donnant des airs de
quartier rouge d'Amsterdam. Chaque pâté de maison
recèle une nouvelle oeuvre, une nouvelle surprise
réservée au public.
Louis XIV, sa statue illuminée de bleu et de rose,
domine l'imposante place Bellecour, enserrée dans une
boule de verre géante et flanquée d'un "I love
Lyon - Only Lyon" sur ses deux flancs.
Place des Terreaux, au nord de la Presqu'île, une boule
gigantesque et multicolore est disposée au centre,
censée envoyer de forts jets de lumières
kaléidoscopiques sur les murs. Elle déçoit
pourtant légèrement le public : "C'est dommage
que ça ne se reflète pas sur les murs",
regrette Louis, 24 ans, étudiant à Lyon. Joffrey,
crête sur la tête, déplore pour sa part
l'absence de musique rythmée.

Des passants sous les arbres illuminés pour la Fête des Lumières à Lyon, le 06 décembre 2007
© AFP - Jean-Philippe Ksiazek
Un peu plus
loin, quai de la Pêcherie, en face de Saint-Paul, un
attroupement s'est formé autour d'une cabine
téléphonique. Brillant d'une lumière bleue,
gorgée d'eau, de poissons rouges et de
végétation aquatique, elle surprend son monde.
"C'est trop fort!", s'exclame une jeune fille.
"Je veux passer un coup de fil sous-marin, glou
glou!" James, 37 ans, en est même tombé de son
vélo: "J'ai halluciné, ça m'a
arrêté net dans ma course. Il faudrait que toutes
les cabines soient comme ça à Lyon."
En face, de l'autre côté de la Saône, la gare
Saint-Paul attire les derniers badauds qui déambulent
encore à minuit passé. A travers ses
fenêtres, des images de paysages défilent comme
depuis l'intérieur d'un train et succèdent à
des messages fantaisistes: "Une vache aime regarder
passer les trains même si elle n'y comprend rien."
