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Jean-Jacques Aillagon: le ministère de la Culture doit faire "sa révolution"

lundi 29 décembre

Jean-Jacques Aillagon le 11 décembre 2007 au château de Versailles
© AFP/Archives - Pierre Verdy

L'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon estime que 50 ans après sa création l'action du ministère de la Culture est "devenue peu compréhensible" et que la question de sa suppression "peut se poser" s'il ne fait pas "sa révolution".

Créé en février 1959 "pour offrir un poste à sa mesure à André Malraux", le ministère "a fait avancer le développement culturel de notre pays", déclare-t-il dans un entretien au Monde daté de mardi. Mais "depuis de longues années", "son action est devenue incompréhensible et perçue comme injuste", poursuit l'ancien ministre de la Culture (2002-2004) du gouvernement Raffarin.

Interrogé sur la suppression éventuelle du ministère, il estime que "la question peut donc se poser", même si elle est "politiquement taboue".

"Maintenons ce ministère, donnons lui plus de moyens, mais qu'il fasse sa révolution", déclare l'actuel président du château de Versailles, qui suggère trois priorités.

"Une remise à plat est nécessaire pour redéfinir les règles du partage des rôles entre l'Etat et les collectivités territoriales", devenues en vingt ans "des acteurs centraux de la vie culturelle", note-t-il.

Selon lui, l'Etat doit également "renforcer l'autonomie des grands établissements, qui marquent la politique culturelle", comme il l'a fait lui même quand il était ministre en accordant plus d'autonomie aux musées nationaux. "L'Etat ne doit plus exercer une tutelle tatillonne, mais stratégique. Qu'il donne des objectifs et qu'ensuite, il laisse les opérateurs travailler", souligne-t-il.

"A côté des institutions qu'il subventionne, l'Etat doit définir - c'est la troisième priorité - des programmes forts et lisibles qui bénéficient de budgets d'intervention importants", poursuit Jean-Jacques Aillagon pour qui "empiler les subventions ne fait pas une politique".

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