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Un écrivain condamné pour avoir injurié le neveu d'Antonin Artaud

© 2008 AFP - jeudi 04 décembre

Antonin Artaud (1896-1948)
© Roger-Viollet/Archives -

L'écrivain et philosophe Stéphane Zagdanski a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir injurié sur son site internet le neveu d'Antonin Artaud, Serge Malausséna, unique ayant-droit de l'écrivain mort en 1948.

M. Zagdanski, qui a notamment publié un essai sur Antonin Artaud, "La mort dans l'oeil", a été condamné à une amende de 500 euros avec sursis et à 1.000 euros de dommages et intérêts.

Ecrivain, acteur et homme de théâtre né en 1896 à Marseille, Antonin Artaud a été exclu du mouvement surréaliste en 1926. En proie à des visions et des délires mystiques, il avait été interné pendant neuf ans, notamment à l'hôpital de Rodez.

Le 9 février 2007, M. Malausséna avait envoyé un courriel à M. Zagdanski, pour lui demander de retirer un extrait de l'émission radiophonique d'Artaud "Pour en finir avec le jugement de Dieu", placé en fond sonore sur une page de son site internet baptisé "Paroles des jours".

M. Zagdanski avait répondu le lendemain en publiant sur son site une lettre ouverte où il traitait notamment l'héritier d'Artaud d'"ultime chiure électrochoquante".

"Non content d'être un impotent crétin chicaneur, tu gigotes en pure perte", poursuivait l'internaute: "cela fait longtemps que des milliers d'anonymes peuvent se procurer en quelques secondes sur internet l'intégralité des enregistrements d'Artaud, gratuitement et sans avoir à rendre compte à ta malsaine caboche monomane".

Pour sa défense, le prévenu avait invoqué "la tradition pamphlétaire française".

Jeudi, la 17e chambre correctionnelle a estimé que cela ne "l'exonérait pas de toute intention maligne", de même qu'un pastiche n'exonérait pas son auteur de ses responsabilités.

"Ni la nature essentiellement littéraire du site sur lequel ce texte a été mis en ligne, ni la qualité d'écrivain du prévenu ne confèrent à ce dernier une immunité particulière", ont encore relevé les juges, avant de conclure que les propos "méprisants" et "particulièrement virulents" étaient bien "injurieux".

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