Trans Musicales de Rennes: Tunng, le Fairport Convention du XXIe siècle

Les Londoniens de Tunng sur scène, le 5 décembre 2007 à Rennes
© AFP - David Ademas
Fairport
Convention, Bert Jansch ou John Martyn, qui avaient fait
renaître le folk britannique dans les années 60 et
70, se sont trouvé des héritiers ancrés dans
le XXIe siècle avec les Londoniens de Tunng, dont
l'électro-folk subtile enchante les Trans Musicales de Rennes.
"Les musiciens du revival folk des années 60-70
utilisaient des éléments traditionnels et en
faisaient quelque chose de nouveau pour l'époque. C'est
un parallèle qu'on peut faire avec notre musique",
explique le chanteur Sam Genders, l'un des six membres de
Tunng et l'un de ses deux fondateurs, avec Mike Lindsay.
Aux Trans Musicales, dans la salle de l'Aire Libre, Tunng
présente tous les soirs jusqu'à samedi un
spectacle spécialement créé pour le festival,
en collaboration avec le rappeur canadien Buck 65 et la
harpiste anglaise Serafina Steer. La première,
mercredi, a conquis le public et les critiques.
Comme la plupart des artistes des Trans, Tunng n'est encore
que peu connu du public français. Son troisième
album, "Good arrows" (Full time hobby/Pias), paru en
août, est pourtant l'un des plus réussis de l'année.
La base des chansons est folk: guitares acoustiques, ambiance
pastorale et mélodies soignées, à l'anglaise.
Mais les morceaux s'enrichissent de touches
électroniques subtiles (rythmes, boucles, collages
sonores...) sans jamais que la greffe paraisse artificielle.
"Mike (Lindsay) utilise des sons électroniques comme
s'il jouait d'un instrument acoustique, et c'est l'une des
caractéristiques de cette nouvelle génération
de musiciens: se servir de l'électronique de la
même manière qu'on se servait auparavant d'un
violon ou d'une guitare", souligne Sam Genders,
entouré de ses cinq partenaires, qui ont tous entre 30
et 40 ans.
Alors que nombre de groupes de rock anglais actuels sonnent
tous de la même manière, Tunng a l'avantage de
posséder une identité musicale propre,
immédiatement reconnaissable.
"On a qualifié notre musique de +folktronica+, de
+new folk+, de +laptop folk+ (littéralement folk à
l'ordinateur portable, ndlr) ou de +junk folk+, le nom que
je préfère", sourit Mike Lindsay, cheveux
longs de hippie recouverts d'un bonnet blanc de Père
Noël. "Mais j'ai l'impression qu'on a
créé un son unique, le son de Tunng".
Le groupe est né en 2003 à Londres de la rencontre
entre Genders, chanteur et auteur-compositeur, et Lindsay,
passionné de production électro.
Pour mener à bien leurs expérimentations, ils ont
investi un studio installé au sous-sol d'une boutique
de vêtements dans le quartier de Soho, puis ont
progressivement été rejoints par les autres
membres du groupe: la chanteuse Becky Jacobs, Phil Winter,
Ashley Bates et Martin Smith.
Après les Trans, le public français aura
bientôt une autre occasion de les découvrir sur
scène puisqu'ils ont prévu une tournée dans
l'Hexagone en février.
