Policiers français, britanniques et néerlandais en prévention sur le Sziget

Dominique Perigord (à g.) parle à des festivaliers du Sziget à Budapest le 15 août 2008
© AFP - Attila Kisbenedek
Chemise blanche rentrée dans un treillis bleu marine et portant l'écusson "police nationale", Christophe Gaboor et Dominique Perigord sont deux festivaliers particuliers durant l'un des plus grands festivals de rock d'Europe, le Sziget, cette semaine à Budapest.
"Oui oui, c'est bien la police française. On est là pour vous aider", lance M. Gaboor à un groupe de Français une bière à la main, surpris de voir un écusson "police nationale" sur l'île d'Obuda sur le Danube. Au total près de 400.000 spectateurs sont attendus sur cette île verdoyante de 120 hectares au coeur de la capitale hongroise pendant la semaine de festivités.
Pour la 2e édition de cette opération de coopération policière lors du Sziget, les deux Français, en compagnie de quatre homologues britanniques et néerlandais, se relaient avec leurs 45 collègues hongrois.
Avec un millier de vigiles privés, les policiers ont pour tâche de rendre le séjour le plus sûr possible aux dizaines de milliers de jeunes sur cette île, dont plus de 30.000 y ont planté leur tente entre la trentaine de scènes où défilent les groupes de rock, métal, rap et autres reggaes.
L'an dernier 11.000 Français s'étaient rendus au Sziget, formant la communauté étrangère la plus importante lors du festival.
Les policiers français, eux, patrouillent avec leurs homologues hongrois avec l'aide d'une interprète, expliquent les démarches pour déposer plainte en cas de vol ou pour refaire ses papiers et informent sur la procédure hongroise en cas d'infraction.
Une trentaine de vols ont déjà été signalés depuis le début du festival le 12 août. "Certains viennent jusque dans les tentes la nuit, alors utilisez les consignes à bagages. C'est gratuit", conseille Christophe Gaboor, policier à Rennes (ouest de la France) le reste de l'année. Avant d'ajouter à l'intention des jeunes festivaliers: "Sinon vous allez passer deux heures au commissariat, deux heures à l'ambassade et pendant ce temps là vous n'êtes pas au concert".
Pour Quentin, 20 ans, les recommandations viennent trop tard: il s'est fait dérober argent et papiers lors d'un concert.
"J'étais surpris de les voir ici mais c'est une bonne chose. Pour le reste, la suite de mon voyage est compromis", soupire-t-il en remplissant, avec des compagnons d'infortune belges et suisses des formulaires dans le commissariat français du festival, local provisoire installé dans l'auberge d'un club d'aviron sur l'île.
Le laisser-passer que lui délivrera l'ambassade, pour remplacer son passeport volé, lui permettra néanmoins de se rendre dans les autres pays d'Europe de l'Est voisins.
"On fait de l'assistance, on n'empiète pas sur les prérogatives de nos collègues hongrois, en matière de drogue par exemple. Mais on intervient un peu trop fréquemment à notre goût", souligne M. Gaboor.
"Les gens pensent qu'il ne peut rien leur arriver, que ce n'est pas l'esprit du festival", professe Dominique Perigord, une femme policier à la retraite et membre de la réserve civile.
"Là, en trois jours, on a eu autant de victimes de vols que l'année dernière en une semaine", insiste M. Gaboor.
"L'ambiance est plus détendue ici qu'au festival de Glastonburry", tempère néanmoins le sergent Dave Kay dont l'unité de Bristol gère les 140.000 personnes qui se ruent pendant trois jours dans la petite localité de l'ouest de l'Angleterre. "Nous sommes ici surtout pour aider ceux qui quittent pour la première fois la Grande-Bretagne tout seul et qui sont un peu naïfs", ajoute-il.
