Expo "Paris en couleurs" de 1907 à aujourd'hui à l'Hôtel de Ville

Photos de Robert Capa, présentées à l'Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre de l'exposition "Paris en couleurs"
© AFP - Guillaume Baptiste
Une
exposition de 300 photographies en couleurs inédites de
la capitale, prises entre 1907 et nos jours, s'installe
à l'Hôtel de Ville du 4 décembre jusqu'au 31 mars.
"Paris en couleurs, des frères Lumière à
Martin Parr" a été montée pour le
centenaire de la commercialisation de l'autochrome, premier
procédé industriel de photographie en couleurs sur
plaque de verre, inventé par les frères Lumière.
Dans ce procédé, "des grains de fécule de
pomme de terre font office de filtre pour reproduire la
lumière naturelle", explique Virginie Chardin,
commissaire de l'exposition. "Ce sont des reproductions
qui sont exposées, montrées sous forme lumineuse,
car les plaques sont très fragiles".
La fraîcheur des couleurs et la qualité du
détail surprennent. Les premières images de Paris
en couleurs, telle cette réception des souverains
norvégiens sur le parvis de l'Hôtel de ville,
datent de juin 1907.
Dès 1913, Léon Gimpel a pu saisir des images en
mouvement nécessitant plusieurs secondes de pose
(Collections de la société française de photographie).
On découvre le petit peuple de Paris, la publicité
omniprésente sur les murs de la ville, parfois sur
plusieurs étages d'immeubles. Les affiches Kub,
Meunier, Byrrh ou Suze habillent les façades et les
enseignes en lettres d'or attirent le chaland, comme sur
"l'entrée du passage du Caire" en juillet 1914.

Une personne passe devant une photo de Paolo Reversi, le 3 novembre 2007 à l'Hôtel de Ville de Paris
© AFP - Guillaume Baptiste
Le carreau
des Halles en 1913 paraît familier avec sa foule de
marchands. Les photos proviennent notamment des
"archives de la planète" du banquier Albert Kahn.
Après une série sur le Paris de l'Occupation,
prises notamment par un soldat allemand, Walter Dreizner, on
passe à l'après-guerre avec des clichés
accrocheurs comme "la jolie fille et le ramoneur" de
Lucien Lorelle, pris sur un toit vers 1955.
Robert Capa a immortalisé en 1948 le glamour des
mannequins Dior et les photographes de Vogue (Guy Bourdin,
Helmut Newton, Peter Lindbergh) magnifient les décors
parisiens à travers la mode, alors que Robert Doisneau
fixe en 1959 une série d'affiches publicitaires.
La période d'après 1968 propose une vision
grinçante des paysages urbains, notamment avec le
Britannique Martin Parr ou l'Italien Massimo Vitali.
L'exposition, gratuite, s'accompagne d'un ouvrage "Paris
en couleurs de 1907 à nos jours" (éditions du
Seuil, 216 pages, 39 euros).
