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L'Orchestre de Paris, né pour jouer dans la cour des grands, fête ses 40 ans

mardi 18 décembre

L'Orchestre de Paris en répétition le 3 mai 2007 à la salle Pleyel de Paris
© AFP/Archives - Pierre Verdy


L'Orchestre
de Paris, créé en 1967 pour doter la France d'une
formation symphonique capable de rivaliser avec les plus
grandes du monde, tente depuis 40 ans d'honorer cette
ambition, avec des bonheurs divers.

L'orchestre a programmé jeudi à la salle Pleyel,
dont il est le résident principal, une fastueuse
"soirée-anniversaire" qui débutera
dès 16h00.

Le concert (20h00) proprement dit prendra la forme d'un
spectacle intitulé "2007 l'Odyssée de l'orchestre".

Les festivités s'affichent aussi sur le site internet de
l'orchestre (www.orchestredeparis.com), qui propose 25 ans
de concerts en streaming et des documents audiovisuels inédits.

Parallèlement, les Editions du patrimoine sortent un
beau livre d'histoire ("L'Orchestre de Paris")
couvrant la période 1828-2008.

C'est que la formation de prestige de la capitale
célèbre en 2007-2008 un double anniversaire: le
sien et celui de l'orchestre dont elle est
l'héritière, la Société des concerts du
conservatoire, née il y a bientôt 180 ans.

Dans les années 1960, la vénérable institution
n'est plus conforme aux voeux du ministre des Affaires
Culturelles André Malraux et de son directeur de la
musique Marcel Landowski.

Sur les fondations de la Société, ils jettent les
bases d'une formation permanente, l'Orchestre de Paris, dont
les statuts précisent qu'il devra "faire rayonner
le prestige musical de Paris et du pays" à l'étranger.

La nouvelle phalange donne son premier concert le 14 novembre
1967 sous la direction de Charles Munch, chef charismatique
de Paris à Boston, qui sera son premier directeur musical.

"L'orchestre était fait de bric et de broc mais
dès que Munch prenait la baguette, il obtenait un
équilibre saisissant", se souvient le violoniste
Jean-Louis Ollu, l'un des derniers musiciens figurant depuis
40 ans dans les rangs de l'orchestre.


Le pianiste et chef d'orchestre Daniel Bareboïm lors d'une répétition à Salzbourg le 13 août 2007
© AFP/Archives - K. Josch


Munch,
déjà âgé, décède en 1968.
Landowski fait alors appel à un "conseiller
musical" de luxe, l'Autrichien Herbert von Karajan mais
celui-ci, déjà très occupé au
Philharmonique de Berlin et au Festival de Salzbourg, ne
reste à Paris que deux saisons (1969-1971).

Les années de transition continuent avec le Hongrois
naturalisé britannique Georg Solti, brillant mais qui
entretient une relation en dents de scie avec les musiciens
entre 1972 à 1975. Arrive alors un jeune chef de 33
ans, l'Israélien Daniel Barenboïm, dont le mandat
de 14 ans demeure à ce jour le plus fructueux de
l'histoire de l'orchestre.

Le Russe naturalisé Américain Semyon Bychkov reste
dans l'ombre de son prédécesseur: son départ
en 1998 ouvre une nouvelle période d'incertitudes que
Christoph Eschenbach, arrivé en 2000, aurait aimé clore.

Mais le musicien allemand doit s'exiler avec son orchestre
dans un théâtre (Mogador) à l'acoustique
inadaptée et attendre septembre 2006 pour retrouver
Pleyel au terme de travaux de rénovation.

L'Orchestre de Paris, fort de 119 musiciens et d'un budget
conséquent (près de 17 millions d'euros),
rêve aujourd'hui d'un futur glorieux avec un nouveau
chef pour 2010 (l'Américano-estonien Paavo Järvi,
45 ans) et une nouvelle résidence permanente pour 2012
(Philharmonie de Paris).

"Il nous faut construire un nouveau projet pour une
nouvelle salle, et élargir le public de l'orchestre: le
plus difficile est à venir, mais le défi est
passionnant", veut croire le directeur général
Georges-François Hirsch.

Volet Féminin