L'Orchestre de Paris, né pour jouer dans la cour des grands, fête ses 40 ans

L'Orchestre de Paris en répétition le 3 mai 2007 à la salle Pleyel de Paris
© AFP/Archives - Pierre Verdy
L'Orchestre de Paris, créé en 1967 pour doter la France d'une formation symphonique capable de rivaliser avec les plus grandes du monde, tente depuis 40 ans d'honorer cette ambition, avec des bonheurs divers.
L'orchestre a programmé jeudi à la salle Pleyel, dont il est le résident principal, une fastueuse "soirée-anniversaire" qui débutera dès 16h00.
Le concert (20h00) proprement dit prendra la forme d'un spectacle intitulé "2007 l'Odyssée de l'orchestre".
Les festivités s'affichent aussi sur le site internet de l'orchestre (www.orchestredeparis.com), qui propose 25 ans de concerts en streaming et des documents audiovisuels inédits.
Parallèlement, les Editions du patrimoine sortent un beau livre d'histoire ("L'Orchestre de Paris") couvrant la période 1828-2008.
C'est que la formation de prestige de la capitale célèbre en 2007-2008 un double anniversaire: le sien et celui de l'orchestre dont elle est l'héritière, la Société des concerts du conservatoire, née il y a bientôt 180 ans.
Dans les années 1960, la vénérable institution n'est plus conforme aux voeux du ministre des Affaires Culturelles André Malraux et de son directeur de la musique Marcel Landowski.
Sur les fondations de la Société, ils jettent les bases d'une formation permanente, l'Orchestre de Paris, dont les statuts précisent qu'il devra "faire rayonner le prestige musical de Paris et du pays" à l'étranger.
La nouvelle phalange donne son premier concert le 14 novembre 1967 sous la direction de Charles Munch, chef charismatique de Paris à Boston, qui sera son premier directeur musical.
"L'orchestre était fait de bric et de broc mais dès que Munch prenait la baguette, il obtenait un équilibre saisissant", se souvient le violoniste Jean-Louis Ollu, l'un des derniers musiciens figurant depuis 40 ans dans les rangs de l'orchestre.

Le pianiste et chef d'orchestre Daniel Bareboïm lors d'une répétition à Salzbourg le 13 août 2007
© AFP/Archives - K. Josch
Munch, déjà âgé, décède en 1968. Landowski fait alors appel à un "conseiller musical" de luxe, l'Autrichien Herbert von Karajan mais celui-ci, déjà très occupé au Philharmonique de Berlin et au Festival de Salzbourg, ne reste à Paris que deux saisons (1969-1971).
Les années de transition continuent avec le Hongrois naturalisé britannique Georg Solti, brillant mais qui entretient une relation en dents de scie avec les musiciens entre 1972 à 1975. Arrive alors un jeune chef de 33 ans, l'Israélien Daniel Barenboïm, dont le mandat de 14 ans demeure à ce jour le plus fructueux de l'histoire de l'orchestre.
Le Russe naturalisé Américain Semyon Bychkov reste dans l'ombre de son prédécesseur: son départ en 1998 ouvre une nouvelle période d'incertitudes que Christoph Eschenbach, arrivé en 2000, aurait aimé clore.
Mais le musicien allemand doit s'exiler avec son orchestre dans un théâtre (Mogador) à l'acoustique inadaptée et attendre septembre 2006 pour retrouver Pleyel au terme de travaux de rénovation.
L'Orchestre de Paris, fort de 119 musiciens et d'un budget conséquent (près de 17 millions d'euros), rêve aujourd'hui d'un futur glorieux avec un nouveau chef pour 2010 (l'Américano-estonien Paavo Järvi, 45 ans) et une nouvelle résidence permanente pour 2012 (Philharmonie de Paris).
"Il nous faut construire un nouveau projet pour une nouvelle salle, et élargir le public de l'orchestre: le plus difficile est à venir, mais le défi est passionnant", veut croire le directeur général Georges-François Hirsch.
