Alain Ducasse veut offrir au Jules Verne des moments de "magie"

Le grand chef français Alain Ducasse, le 2 février 2005 à Paris
© AFP/Archives - Stephane de Sakutin
Alain Ducasse veut offrir aux Parisiens et aux touristes un pur moment de "magie" en leur faisant partager "une certaine idée de la gastronomie française" dans son nouveau restaurant, le Jules Verne, niché au deuxième étage de la Tour Eiffel.
En rouvrant samedi le célèbre restaurant, fermé depuis le 20 août, Alain Ducasse, 51 ans et 15 étoiles au Michelin, ajoute un nouveau fleuron à son empire gastronomique qui compte près d'une trentaine d'établissements en France et dans le monde. Parmi eux, deux trois étoiles, le Louis XV à Monaco et le Plaza Athénée à Paris (VIIIe).
"Pour le notaire de Bordeaux" comme pour "l'homme d'affaires de Séoul", un repas au Jules Verne doit être "un moment inscrit dans la mémoire, la nourriture étant une des composantes principales", mais "l'expérience du Jules Verne doit être plus que ça", explique le chef à l'AFP.
"D'abord, c'est un restaurant, après c'est un lieu unique", souligne-t-il. "On a essayé d'en faire une expérience globale" alliant "le plaisir de la nourriture et du moment passé dans ce lieu magique". "C'est ce cocktail magique qu'on espère réussir".
Situé à 125 mètres du sol, le Jules Verne a été entièrement refait sous la houlette du designer Patrick Jouin, pour un coût de 4 à 5 millions d'euros. Il pourra accueillir 110 à 120 convives qui se verront proposer des menus (hors boisson) de 75 euros à midi, à partir de 155 euros le soir.
"On va s'afficher comme français avec une restauration française d'aujourd'hui", souligne Alain Ducasse.
A la carte "pas de nems", donc, mais "des produits français, du boeuf, des coquilles Saint Jacques, du turbot, du Saint Pierre, des langoustines, de l'agneau du Limousin, une volaille fermière des Landes aux écrevisses..." Même le whisky et les eaux-de-vie seront françaises.
"On va faire l'expérience d'une cuisine contemporaine. La sauce chevreuil ne sera jamais aussi lourde ni aussi épaisse que celle que l'on faisait dans les années 70", souligne Alain Ducasse.

La Tour Eiffel à Paris
© AFP/Archives - Miguel Medina
S'installer à la Tour Eiffel, monument emblématique de Paris, le remplit de "fierté". "C'est un bonheur immense", dit-il. "Je voyais la Tour Eiffel tous les jours et je me disais: +si un jour un de mes restaurants était au deuxième étage...".
Le chef veut "redonner la Tour Eiffel aux Parisiens". Des places leur seront réservées pour qu'ils puissent "accéder à déjeuner facilement".
Le groupe Alain Ducasse avait été choisi l'année dernière à l'unanimité du Conseil d'administration de la Société d'Exploitation de la Tour Eiffel (SETE) pour la concession, pendant neuf ans, des services de restauration du monument.
Alain Ducasse souligne "la difficulté" d'installer et de faire fonctionner un restaurant sur la Tour Eiffel et dans un espace très limité. "On a réfléchi à chaque centimètre carré", "c'est une cuisine d'avion et une cuisine de bateau", de "haute technologie", explique-t-il.
Pour éviter de faire monter au deuxième étage les produits livrés sales, une "cuisine de préparation" a été installée sous le Champ-de-Mars, à la place de l'économat du précédent Jules Verne. Ce "labo climatisé", qui ressemble à "une salle d'opération", permettra de n'acheminer au restaurant que "des produits propres".
"On commence une autre histoire (...) "Ce n'est pas l'histoire de Ducasse, c'est l'histoire du Jules Verne qui continue". Son prochain rêve ? "Ouvrir sur Mars!", dit-il sous forme de boutade.
